Rechercher un objet
 OK
Mes ordres d'achat    Conditions de vente, exposition...    Retour au catalogue   
10/06/12

Osenat
EMail : contact@osenat.com
Tél. : Général 01 64 22 27 62

Estimation : 60 000 - 80 000 €

Résultat : 260 000 € Lot n°89

NAPOLÉON Ier. Lettre autographe, en anglais, adressée à Emmanuel de LAS CASES. Longwood [sur l'île de Sainte-Hélène], 9 mars 1816. 3/4 p. in folio sur papier anglais filigrané «Curteis & son 1805», adresse autographe au verso («Count Las Case at his bank. Very close or in haste»), vestige de cachet de cire rouge aux armes impériales, petite déchirure angulaire due à l'ouverture avec restauration ancienne n'atteignant pas le texte, trace d'onglet au verso. RARISSIME AUTOGRAPHE DE NAPOLEON IER ECRIT EN ANGLAIS A SAINTE-HELENE. Seules trois lettres autographes en anglais de Napoléon sont actuellement connues, toutes adressées à Las Cases, dont une conservée à la Bibliothèque nationale de France: l'historien Peter Hicks en a fait le relevé dans un article; il a également mentionné l'existence de fragments autographes d'exercices en anglais (Peter Hicks, «Les Leçons d'anglais de Napoléon», site de la Fondation Napoléon, www.napoleon.org, avril-juin 2005). TRES PRECIEUSE LETTRE A SON COMPAGNON D'EXIL, FUTUR MEMORIALISTE... ET PROFESSEUR D'ANGLAIS. Dans son Mémorial de Sainte-Hélène, Las Cases relate comment, au mois de mars 1816, Napoléon lui écrivit des lettres en anglais: la première pour lui jouer un tour en critiquant anonymement son Atlas historique (6 mars), et les suivantes par manière d'entraînement (7 mars et nuit du 8-9 mars). Las Cases évoque précisément la présente lettre, à la date du 8 mars: «L'empereur n'avait pas dormi de la nuit: dans son insomnie il s'était amusé à m'écrire une nouvelle lettre en anglais; il me l'a envoyée cachetée; j'en ai corrigé les fautes, et lui ai répondu, en anglais aussi, par le retour du courrier; il m'a fort bien compris; ce qui l'a convaincu de ses progrès, et lui a prouvé qu'il pourrait, à toute rigueur, correspondre dans sa nouvelle langue.» «Count Las Case. It is two o'clock after midnight, I have enow sleep, I go then finish the night into to cause with you... He shall land above seven day a ship from Europe that we shall give account from anything who this shall have been even to day of first january thousand eight hundred sixteen. You shall have for this ocurens a letter from lady Las Case that shall you learn what himself could carry well if she had co[n]ceive the your occurens. But I tire myself and you shall have of the ado at conceive my. [Napoléon a écrit puis raturé: «Sur ce je prie»] Upon this I intercede god &c. &c. &c... Longwood this nine march thousand eight hundred and sixteen after the Nativity of our Senior Jesus at four hour of the morning and half.» [«COMTE LAS CASES. IL EST DEUX HEURES APRES MINUIT, J'AI ASSEZ DORMI, JE VIENS DONC FINIR LA NUIT A L'INTERIEUR POUR CAUSER AVEC VOUS... Il accostera dans sept jours un navire d'Europe qui nous fera le récit de tout ce qui aura été encore jusqu'au jour du premier janvier mille huit cent seize. Vous aurez dans ce cas une lettre de madame Las Cases qui vous apprendra qu'elle-même pourrait bien se porter si elle avait compris votre cas. Mais je me fatigue et vous aurez de quoi faire à me comprendre. Sur ce je prie Dieu &c. &c. &c... Longwood, ce neuf mars mille huit cent et seize après la Nativité de notre Seigneur Jésus à quatre heures du matin et demie.» L'adresse au verso pourrait se traduire ainsi: «Comte Las Cases à sa couchette. Très pressé ou en hâte» Napoléon a peut-être lu rapidement, dans le dictionnaire, «bank» (banque) pour «bunk» (couchette), et «près» (close) pour «pressé» (urgent). UNE TRÈS PRÉCIEUSE LETTRE DE NAPOLÉON IER ÉCRITE EN ANGLAIS À SAINTE-HÉLÈNE, L'UNE DES TROIS SEULES CONNUES AU MONDE. «Count Las Case. It is two o'clock after midnight...» COMMENT NAPOLEON APPRIT A PARLER LA LANGUE DE SES GEOLIERS. Une fois aux mains des Anglais sur le Northumberland, Napoléon Ier manifesta le désir de savoir parler leur langue. Le comte de Las Cases, qui avait vécu à Londres en émigration sous la Révolution et durant la première restauration, sembla tout indiqué pour cette tache. Il donna ainsi ses deux premières leçons à l'empereur durant l'escale du bâtiment à Funchal sur l'île de Madère (23 25 août 1815). Néanmoins, les officiers anglais parlant tous le français, l'expérience fut interrompue pendant cinq mois. Le 16 janvier 1816, Napoléon Ier souhaita reprendre ces leçons sérieusement. Dans son Mémorial de Sainte-Hélène, le comte de Las Cases explique: «Il est venu à remarquer qu'il était honteux qu'il ne sût pas encore lire l'anglais», et indique ensuite régulièrement jusqu'en avril 1816 les progrès de son élève, qui parvint à savoir lire sans trop de mal, à écrire avec plus ou moins de difficultés, mais, comme le confirma Betsy Balcombe, à parler dans un sabir plutôt bizarre: - 17 janvier 1816: «Aujourd'hui l'empereur a pris sa première leçon d'anglais [...]. Mon grand but était de le mettre à même de lire promptement les papiers-nouvelles [...] L'empereur ensuite a voulu faire quelques thèmes: il écrivait des phrases dictées, et les traduisait en anglais, à l'aide d'un petit tableau que je lui ai fait pour les verbes auxiliaires et les articles, à l'aide du dictionnaire pour les autres mots, que je lui faisais chercher lui-même. Je lui expliquais les règles de la syntaxe et de la grammaire, à mesure qu'elles se présentaient.» - 28 janvier 1816: «L'anglais était devenu pour lui une affaire importante. Il y avait près de quinze jours qu'il avait pris sa première leçon, et à compter de cet instant, quelques heures tous les jours, depuis midi, avaient été employées à cette étude; tantôt avec une ardeur vraiment admirable, tantôt avec un dégoût visible [...]. L'acquisition de l'anglais pour l'Empereur était une véritable et sérieuse conquête. [...]. Plus l'esprit est grand, rapide, étendu, moins il peut s'arrêter sur des détails réguliers et minutieux. L'Empereur, qui saisissait avec une merveilleuse facilité tout ce qui regardait le raisonnement de la langue, en avait fort peu dès qu'il s'agissait de son mécanisme matériel. C'était une vive intelligence et une fort mauvaise mémoire [...]. Fallait-il retenir par coeur et répéter les éléments bruts, c'était une grande affaire [...]. L'écolier, même dans sa propre langue, avait la manie d'estropier les noms propres, les mots étrangers, il les prononçait tout à fait à son gré, et une fois sortis de sa bouche, quoi qu'on fît, ils demeuraient toujours les mêmes, parce qu'il les avait, une fois pour toutes, logés de la sorte dans sa tête. [...]. De ce concours de circonstances, il naquit véritablement une nouvelle langue. Elle n'était entendue que de moi, il est vrai; mais elle procurait à l'Empereur la lecture de l'anglais, et il eût pu, à toute rigueur, se faire entendre, par écrit, dans cette langue; c'était déjà beaucoup, c'était tout.» - 3-6 février 1816: «L'Empereur travaillait trois, quatre, cinq heures de temps à l'anglais; les progrès devenaient réellement très grands, il en était frappé lui-même, et s'en réjouissait en enfant. Il disait un de ces jours à table, et il répète souvent, qu'il me doit cette conquête, et qu'elle est bien grande.»

osenat svv osenat recherche osenat newsletterosenat newsletter